La bonroudeuse

Moi qui pensais que ces quelques mois de voyage allaient me permettre d’être beaucoup plus active sur mon blog, c’est chose ratée, mais je ne m’en veux pas. J’ai vu des paysages magnifiques, vécu des moments inoubliables qui m’ont poussés à décrocher le plus possible de mon ordinateur/téléphone. Je pense aussi que j’avais besoin de prendre du recul avant de partager l’expérience unique de mon yoga teacher training en Thaïlande vécu en juillet dernier. Me voici de retour en Europe et après un peu plus d’un mois, j’avais envie de réfléchir aux premières leçons tirées et ce que ce mois de yoga intensif a changé dans ma vie (à date bien-sûr). 

Mais pourquoi ?

Réveil à 5h30, 30 minutes de méditation matinale, de nombreuses heures de yoga chaque jour, 6 jours sur 7 et des cercles où chacun partage ses pensées les plus profondes devant 30 personnes. Il y a un an ou deux, je me serais écriée « mais pourquoi s’infliger cela ? ». J’ai commencé par intensifier ma pratique du yoga en particulier à Bali où je me suis essayée à de nombreux cours de toutes sortes. Puis l’idée de me former dans le but d’être plus autonome dans ma pratique personnelle est apparue comme une évidence au fil des semaines et des rencontres, loin de moi l’idée d’enseigner (du moins au début). J’avais enfin du temps pour moi, malgré quelques inquiétudes quant à ma résistante physique, j’ai décidé de me lancer. J’ai trouvé mon training sur book yoga retreats, j’ai longtemps parcouru le site avant de jeter mon dévolu sur ce stage en particulier. J’ai choisi de le faire sur la petite île paradisiaque de Ko Pha Ngan en Thaïlande pour sa spécialisation :
le yoga thérapeutique, l’alignement et son cadre propice à la guérison.

Repousser ses limites

Je me suis vite rendue compte que j’étais l’une des plus débutante du training. Le groupe était composé de personnalités diverses, sportifs avertis,  profs de yoga déjà certifiés ou yogis rigoureux qui ne passaient pas un jour sans pratiquer… Je dois avouer que j’ai souffert, physiquement et mentalement. Je n’ai jamais eu autant de courbatures et me tenir assise le dos droit pour la méditation matinale à 6h30 était pour moi un véritable supplice. Les premiers jours, je répétais à qui veut l’entendre que je faisais cette formation pour moi et que je ne serai jamais prof. Je me disais qu’il me faudrait d’abord en apprendre plus et trouver un parfait équilibre mental et physique avant de me permettre de donner des leçons. Des options plus accessibles étaient proposées pendant les postures, j’avais tendance à m’y arrêter et à m’économiser, redoutant la blessure. Et puis, un cours en particulier a changé ma vision des choses et j’ai décidé de me battre contre cette petite voix en moi qui me limitait…

La découverte du psoas

Durant ce cours, nous avons travaillé ce qu’on appelle « le muscle de l’âme », le psoas qui est en réalité un groupe de muscles qui relie les hanches, les lombaires et le diaphragme où se logent nos peurs et anxiétés. Notre enseignante nous avait prévenu que ce cours risquait de remuer beaucoup de choses en nous, je n’en avais jamais entendu parler et je dois dire que j’étais sceptique. Pendant ce cours, j’ai vu l’émotion surgir chez certaines personnes, mais rien ne s’est passé en moi. C’est après quelques heures, que je me suis surprise à ressentir beaucoup de négativité et à être très dure envers moi-même, doutant de ma légitimité à faire partie de ce training. Mon premier réflexe a été de m’isoler du groupe, ce qui ne m’a pas aidé à me sentir mieux. Puis, j’ai décidé de me forcer à partager mes émotions avec mes amis, puis même devant le groupe entier. Le fait que chacun montre sa vulnérabilité m’a beaucoup rassuré (y compris les professeurs). Boostée par la force du groupe, j’ai décidé de me prendre en main et je me suis autorisée à vivre à fond cette expérience en y croyant tous les jours un peu plus. Bien-sûr j’ai continué à connaitre des moments de doutes, mais je suis passée de « je ne serai jamais prof » à « et pourquoi pas? ».

Digital detox

Ces mois de voyage seule ont installé de nouvelles habitudes, dîner avec mon portable à la main lorsque  je n’étais pas accompagnée ou encore un besoin de tout documenter. Durant ce stage, nous n’avions aucune règle là-dessus mis à part de ne pas l’utiliser pendant les cours mais c’est tout naturellement que j’ai décroché. Il m’est arrivé de le laisser dans ma chambre toute la journée et de l’utiliser seulement le soir en rentrant de cours. Je m’interdisais également de le sortir pendant les repas, afin de manger en pleine conscience. Nous avons également fait plusieurs marches silencieuses dans la nature qui font énormément de bien. Ce sont des habitudes que j’ai gardées ici, plus de portable lorsque je vais me promener, que je mange, ou que je dîne avec des amis.

La théorie des petits pas

Donner un cours de yoga ou encore parler de moi devant un si grand groupe n’a pas été chose aisée pour moi. Mais me forcer à partager un petit quelque-chose de personnel chaque semaine en public a été très formateur. À la fin, c’est avec beaucoup plus d’aisance et de plaisir que j’entamais ces sessions. Aujourd’hui encore, chaque semaine, je me force à faire une chose qui m’oblige à sortir de ma zone de confort.

Libérer les tensions inutiles

C’est une phrase qui a raisonnée en moi dès le premier cours de yoga de Tal, la directrice du programme. Dans chaque posture, il y a des tensions qui sont nécessaires afin d’avoir un alignement sain et bénéfique mais nous avons tendance à nous rajouter des tensions qui ne le sont pas. Je me suis rendue compte que cela s’appliquait dans ma vie de tous les jours, je mettais beaucoup de tensions dans des choses anodines. Un exemple bête d’une tension mentale et physique à la fois : être crispée au volant de ma voiture sans même m’en rendre compte.

Conclusion

Dans le passé, j’ai souvent fait l’erreur de m’auto-limiter en me collant des étiquettes : « Je ne suis pas aventurière, je ne suis pas sportive, j’ai besoin de mon petit confort ». Ce voyage et ce mois en particulier ont complètement bousculé cela. Cette expérience a profondément changé ma façon de voir les choses, nous avons les clés pour devenir ce que nous souhaitons. Je me rends compte que prendre chaque jour un peu de temps pour soi au lieu de constamment courir après la montre permet d’être plus épanoui et même d’augmenter sa productivité. Moi qui n’avais jamais réussi à mettre de la rigueur dans ma vie, je réalise que je ne peux plus passer un jour sans yoga ou sans faire quelque-chose pour moi. Consacrer même 15 minutes par jour à son bien-être peut changer bien des choses.