La bonroudeuse

Sortir de ma zone de confort au Vietnam

« Si nous allions dans Mars et dans Venus en gardant les mêmes sens, ils revêtiraient du même aspect que les choses de la terre tout ce que nous pourrions voir. Le seul véritable voyage, le seul bain de jouvence ça ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres. De voir les cents univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est. Un voyage est-il vraiment un voyage si nous ne parvenons pas à changer de regard ? Si nous restons entièrement nous même dans la manière d’appréhender les choses, le monde et celui que nous étions avant de partir ? » La prisonnière – Marcel Proust.

 

Comme je le racontais dans mon dernier article, dans le passé, j’ai eu tendance parfois à me limiter en répétant « je ne suis pas sportive ni aventurière, j’ai besoin de mon petit confort ». Si ma décision de partir en voyage seule avait déjà bousculé ces barrières, ce mois au Vietnam m’a prouvé que tout était possible. J’ai vécu des situations que je ne pensais jamais pouvoir vivre et encore moins avec tant de plaisir. Ces aventures ne paraitront probablement ni extrêmes ni incroyables pour certaines personnes mais elles sont très éloignées de mon ancien moi. 

J’ai donc traversé seule le pays du Sud vers le Nord, de Ho Chi Minh jusqu’à Hanoi, principalement en bus et en scooter. Cela représente 1700 km sur des petites routes pas toujours évidentes, et 100 km ici : environ 3h de bus quand tout va bien. Et cela m’a permis d’en prendre plein les yeux. J’ai pu apprécier et choisir de rester autant de temps que je le voulais dans chacune de mes étapes sans avoir le stress d’un avion à prendre. Chaque hostel propose des tickets de bus pour aller d’une étape à  ‘autre. J’ai dormi dans des dortoirs avec 20 autres personnes, conduit un scooter, passé plus de 20 heures d’affilées dans un bus de nuit seule, fait la plus longue tyrolienne du pays, fait des treks dans les montagnes sous 37 degrés… Il faut savoir que les plus beaux spots à visiter au Vietnam se méritent, puisqu’en général, il y a toujours une belle colline à gravir.Et le pire dans tout ça, c’est que j’ai adoré toutes ces choses que je pensais détester. Je me souviens de ma première nuit lorsque j’ai débarqué à Bali avoir paniqué à cause du manque de confort, les douches froides, les insectes et avoir pensé « est-ce vraiment pour moi ? ». Mais 24 heures plus tard, je me disais déjà que j’étais dans mon élément : les cheveux fous, du sable partout, mon appareil photo autour du cou. C’est ce qui s’est passé au Vietnam et à chaque fois que je suis sortie de ma zone de confort : du stress, de l’appréhension et puis une fois lancée, tellement de joie.

L’un de mes meilleurs souvenirs reste le roadtrip en scooter entre Hoi An et Hue (102 km) avec mes deux copines rencontrées dans un hostel. Cela nous a pris environ 8 heures puisque nous ne sommes souvent arrêtées pour admirer les paysages. C’est une route mythique très appréciée des motards qui offre en plus de ses vues magnifiques de nombreux points d’intérêts : Marble Mountain, le col Hai Van, de superbes plages… Vous pouvez louer un scooter et le rendre à votre prochaine étape sans problème, certaines compagnies proposent même de livrer vos bagages à l’arrivée. Si vous n’êtes pas à l’aise en scooter, vous pouvez opter pour un easy rider, un chauffeur qui vous baladera en moto toute la journée.

J’aimerais également revenir sur le message que j’essaie de transmettre ici depuis quelques temps. Je me rends compte en racontant mes histoires à travers mon blog ou bien dans la vie réelle que beaucoup de personnes me disent « tu as beaucoup de chance, j’en rêve mais moi je ne pourrais pas avec mon boulot/mari/enfants etc ».  Ce que je comprends tout-à-fait mais ce que je souhaite transmettre n’est pas « quittez votre job et partez seule avec un sac-à-dos à l’autre bout du monde » mais plutôt que l’aventure est à portée de tous. Travailler 40 heures par semaine n’empêche personne de vivre l’aventure le weekend, pendant les congés, seul ou bien accompagné.